Aimer son enfant intérieur : pourquoi nous restons tous les enfants que nous avons été?
Il existe en chacun de nous un espace discret, profond, qu’aucune tisane ni cure détox ne peut réparer à elle seule : celui de l’enfant intérieur. J’avais déjà entendu parler de ce concept dans certains livres ou magazines de développement personnel. Mais c’est en suivant mes cours à l’Institute for Integrative Nutrition que j’ai commencé à le regarder autrement. Pas comme une théorie psychologique de plus, mais comme quelque chose de profondément humain. Car au fond, que devient l’enfant que nous avons été ?
Nous grandissons, nous apprenons à être responsables, raisonnables, efficaces. Nous devenons des adultes. Pourtant, dans ce passage vers l’âge adulte, certaines parts de nous semblent parfois se mettre en retrait. Comme si, pour devenir « grand », il fallait apprendre à cacher un peu l’enfant que nous étions. Et pourtant, cet enfant n’a jamais vraiment disparu.
Peut-être qu’aimer son enfant intérieur, c’est simplement reconnaître que cette part de nous continue d’exister. Elle vit dans nos souvenirs, dans nos émotions, dans nos réactions. Elle apparaît parfois dans nos peurs, parfois dans nos élans de joie, et souvent dans les moments où nous nous sentons vulnérables. Car au fond, qu’est-ce qu’un adulte si ce n’est un grand enfant qui a appris à se défendre ?
L’enfant intérieur : cette part de nous qui ne disparaît jamais
Quand on parle d’enfant intérieur, on pense souvent à une blessure. Une partie de nous qui aurait été abîmée dans l’enfance et qu’il faudrait réparer. Mais l’enfant intérieur n’est pas seulement une blessure à guérir. C’est aussi une part vivante de nous. C’est l’enfant qui a aimé sans filtre. Celui qui a ri pour des choses simples. Celui qui a ressenti la peur ou la tristesse sans toujours savoir les expliquer. C’est l’enfant qui a découvert le monde, qui s’est émerveillé, qui a cherché sa place.
En grandissant, nous apprenons à contrôler nos émotions, à nous adapter aux attentes des autres, à devenir sérieux, responsables, productifs. Et peu à peu, certaines expressions de cet enfant intérieur deviennent moins visibles. Mais il reste là.
On le retrouve dans certaines réactions qui semblent disproportionnées. Dans ces moments où une situation nous touche plus profondément qu’elle ne le devrait. Dans ces élans de joie presque enfantine devant quelque chose de simple. L’enfant intérieur ne disparaît jamais vraiment. Il change simplement de place.
Les blessures de l’enfance ne viennent pas toujours d’où l’on croit
Quand on évoque l’enfant intérieur, on parle souvent de la famille. Et c’est vrai que les parents jouent un rôle immense dans la construction émotionnelle d’un enfant. Les mots entendus, les gestes, les absences, les encouragements ou les humiliations peuvent laisser des traces profondes. Dans mon enfance, certains mots ont marqué ma mémoire. Des insultes dures que mon père pouvait prononcer. Aujourd’hui, avec le recul, je comprends que lui aussi portait une histoire difficile. La vie n’avait pas été tendre avec lui.
Je ne lui en veux plus. Nous nous étions d’ailleurs rapprochés quelques années avant sa disparition. Mais une chose reste vraie : les mots que l’on entend enfant peuvent s’imprimer très profondément dans notre esprit. Ma mère, elle, me répétait toujours la même phrase : « Tête haute. »
Une psychologue m’a dit un jour que ce genre de phrase n’aidait pas vraiment un enfant. Peut-être. Pourtant, pour moi, ces mots ont pris un autre sens. Même dans certaines périodes difficiles de mon enfance, cette phrase me revenait comme une petite force intérieure : tête haute. Comme une manière d’avancer malgré tout. Mais l’enfant intérieur n’est pas seulement façonné par la famille. L’école aussi peut laisser des traces.
Je me souviens d’une période difficile entre la fin du primaire et le début du collège. Certaines filles venaient sonner chez moi quand elles savaient que j’étais seule à la maison. Elles me disaient qu’elles ne voulaient plus être mes amies. Sur le moment, je ne comprenais pas vraiment ce qui se passait. Aujourd’hui, je me dis qu’il y avait peut-être de la jalousie, peut-être un effet de groupe. Peut-être simplement l’immaturité d’enfants qui ne savaient pas encore ce que leurs mots pouvaient provoquer. Mais pour un enfant, ce genre de moment peut laisser une trace. Et parfois, ces traces restent silencieuses pendant des années.
Parler à l’enfant que nous avons été
Il y a quelques jours, j’ai posé une photo de moi enfant sur un petit meuble à l’entrée de la maison. Sur cette image, j’ai peut-être sept ou huit ans. Quand je passe devant, il m’arrive de lui parler en souriant : « Ne t’inquiète pas petite. On va y arriver. Tu le mérites. » Cela peut sembler étrange. Mais ce geste me rappelle une chose très simple : l’enfant que nous avons été ne disparaît jamais complètement. Il continue de vivre quelque part en nous. Avec ses peurs. Ses souvenirs. Ses blessures. Mais aussi sa force. Peut-être qu’aimer son enfant intérieur, c’est aussi apprendre à lui parler avec plus de douceur que celle que nous avons parfois reçue.
Quand on devient parent, l’enfant intérieur revient souvent nous parler
Depuis que je suis devenue maman, je comprends certaines choses différemment. Les enfants ressentent énormément de choses, même quand ils ne savent pas les expliquer. Alors avec mon fils Lukas, je parle beaucoup. Je lui explique certaines situations, je lui raconte parfois ce que j’ai vécu enfant, je l’aide à réfléchir. Et quand il m’arrive d’aller trop loin, je prends le temps de m’excuser et de lui expliquer ce qui s’est passé. Je ne peux pas tout contrôler pour lui. Je ne peux pas le protéger de toutes les expériences de la vie. Mais je peux lui transmettre des repères.
Je lui dis par exemple que certaines personnes aboient plus qu’elles ne mordent. Qu’il ne faut pas toujours prendre les choses personnellement. Et qu’il rencontrera aussi parfois des personnes plus dures, contre lesquelles il devra apprendre à se protéger. Je ne sais pas si je fais toujours les choses parfaitement. Mais j’essaie. Et je crois que, d’une certaine manière, c’est aussi une façon de prendre soin de l’enfant que j’ai été.
Aimer son enfant intérieur, c’est peut-être simplement cela
Nous passons souvent notre vie à essayer de devenir des adultes solides, raisonnables, responsables. Mais au fond, nous restons toujours les enfants que nous avons été. Certains ont réussi à garder leur âme d’enfant : cette curiosité, cette capacité à s’émerveiller, cette spontanéité. D’autres semblent l’avoir perdue en chemin. Mais cet enfant intérieur est toujours là. Il apparaît dans nos blessures. Dans nos élans de joie. Dans notre manière d’aimer.
Et peut-être que aimer son enfant intérieur, ce n’est pas revenir en arrière. C’est simplement apprendre à regarder cette part de nous avec plus de douceur. L’écouter. La comprendre. Et lui rappeler, de temps en temps, qu’elle a toujours sa place dans notre vie d’adulte.
⚠️ Avertissement
Les informations partagées sur ce blog sont issues de mon expérience personnelle et de mes apprentissages dans le domaine de la santé intégrative. Elles ont pour objectif de sensibiliser, informer et encourager une meilleure compréhension de soi, mais ne remplacent en aucun cas un avis médical. Chaque situation étant unique, si vous avez des questions concernant votre santé physique ou mentale, il est essentiel de consulter un professionnel de santé qualifié (médecin, psychologue, etc.). Certaines approches globales de la santé, comme la médecine fonctionnelle ou l’accompagnement holistique, peuvent également constituer des pistes complémentaires pour mieux comprendre l’origine de certains déséquilibres. Dans tous les cas, toute démarche de soin doit être envisagée avec l’accompagnement adapté.






