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Vivre en mode survie à la quarantaine : quand la dysthymie s’installe doucement

Vivre en mode survie à la quarantaine : quand la dysthymie s’installe doucement

Quand on vit en pilotage automatique | Il y a des jours où je me surprends à sourire… mais c’est un sourire « mécanique ». Je fonctionne. Je m’occupe de mon fils. Je fais « le nécessaire ». Mais à l’intérieur, je suis « en veille ». Plus vraiment de joie, plus d’élan, juste cette impression de tenir. Un jour, j’ai découvert un mot qui a mis un coup de projecteur sur tout ce que je ressentais : la dysthymie. Ce mot m’a fait un choc car, c’est à ce moment là, que je me suis dit : « Mais c’est peut-être ça… ce que je vis depuis des années. » J’en ai de suite après parlé à ma psychologue que j’ai commencé à consulter il y a environ 1 mois.

La dysthymie, aussi appelée trouble dépressif persistant, c’est cette dépression sourde et lente qui se cache derrière un visage fonctionnel. On ne s’effondre pas, mais on ne vit plus vraiment non plus. Et peut-être que, comme moi, tu t’y reconnaîtras?

Comprendre la dysthymie: une dépression qui ne se voit pas

La dysthymie est une forme de dépression chronique légère, mais insidieuse. Elle ne frappe pas d’un coup comme une dépression sévère. Elle s’installe doucement, parfois pendant des années. Les signes qui devraient nous alerter :

✅Une humeur grise, presque tous les jours, pendant au moins deux ans.

✅Une fatigue constante, comme si chaque matin, tu te réveillais déjà épuisée.

✅La perte de plaisir, même dans les petites choses qui te rendaient heureuse avant.

✅Une difficulté à te concentrer et cette impression que ton cerveau est au ralenti.

✅Des troubles du sommeil (dormir trop ou pas assez).

✅Et surtout : personne ne s’en rend compte, parce que tu continues de fonctionner.

C’est ça qui rend la dysthymie si sournoise : tu souris, tu tiens bon, tu assures… mais à l’intérieur, tu t’éteins doucement… et notre environnement ne peut pas comprendre. Il n’a pas ces connaissances tout comme nous.

Pourquoi personne ne voit qu’on ne va pas bien ?

Parce que nous sommes des championnes de la sur-adaptation. On a appris à « assurer » quoi qu’il arrive. À sourire même quand ça va mal. À dire « ça va » alors qu’à l’intérieur, on est en lambeaux. La psy de mon fils, au CMP où il est suivi pour son handicap, m’a dit un jour : « C’est incroyable, on ne le voit pas du tout. » Je lui avais parlé de mon mal-être quand elle m’a demandé « Ok Madame et vous comment allez-vous? ». Et depuis 4 ans que nous la connaissons, c’est la première fois où j’ai « osé » lui répondre honnêtement. Et elle avait raison, quand par la suite, elle me répondit : ce n’est pas parce que ça ne se voit pas, que ce n’est pas grave. 

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Vivre avec une dysthymie : ce que ça fait vraiment ?

L’anesthésie émotionnelle

Le terme qui me correspond le plus est « anesthésie émotionnelle ».
Ce n’est pas que je n’aime plus, c’est que je n’arrive plus à ressentir vraiment. Comme si mes émotions étaient derrière une vitre. Je m’occupe de mon fils, je l’aime, mais parfois je fonctionne presque en mode automatique.
Pas par indifférence, mais par épuisement intérieur.

Le retrait social involontaire

Moi qui ai toujours aimé les gens, je n’arrive plus à répondre au téléphone.
Je ne décroche plus, sauf pour le père de mon fils (qui qui je garde une grande affection).
Ce n’est pas que je ne veux pas. C’est que mon corps me dit stop.
Chaque interaction devient un effort monumental.

Alors les amis pensent peut-être que je les ai « ghostés ». Mais je ne l’ai pas choisi. Je me suis retirée par instinct de survie.

Les matins de « zombie »

Je dors, parfois trop, et je me réveille épuisée. A une époque, je dormais à peine!
Je me sens lourde, lente, sans élan.
Rien n’a de goût, pas même la perspective d’une journée « normale ».
Dans la dysthymie, c’est typique : le cerveau est au ralenti, la dopamine (l’hormone de la motivation) est en berne, et chaque début de journée ressemble à une montagne à gravir.

Pourquoi ça arrive ? Ce n’est pas une question de volonté

Non, ce n’est pas parce qu’on est « faible ».
La dysthymie, ce n’est pas un choix, c’est une protection biologique. Notre système nerveux et notre cerveau disent : « Trop de stress, trop longtemps. Pour survivre, je coupe certaines fonctions (la joie, l’élan, la sociabilité). »

Souvent, elle vient d’un mélange de stress chronique et charge mentale (dans mon cas, burnout et solitude), de fatigue physique et émotionnelle accumulée, de déséquilibres biologiques (inflammation silencieuse, dysbiose intestinale, dérèglement hormonal… (des choses que je découvre grâce à la médecine fonctionnelle), d’une sur-adaptation constante : ne jamais s’autoriser à flancher, à dire « je n’en peux plus ». Alors on tient, mais on se vide.

Vivre en mode survie: bonne nouvelle, on peut rallumer la lumière!

Oui, la dysthymie peut durer des années si on ne fait rien.
Mais la bonne nouvelle, c’est qu’à partir du moment où on la reconnaît, on peut en sortir.
Pas du jour au lendemain, pas avec un « coup de boost miracle », mais doucement, une étincelle à la fois. Les piliers qui m’aident (et que je conseille aussi à celles qui se reconnaissent):

Prendre soin du corps. Manger pour soutenir le cerveau : oméga-3 (cuillère d’huile de lin par exemple. Pas forcément des gélules. Petits poissons), magnésium bysglycinate (300mg), vitamines B et D. Rééquilibrer son microbiote et réduire l’inflammation silencieuse (avec l’aide d’une professionnelle). Dormir mieux, même si ce n’est qu’une heure de qualité en plus. Prendre soin de ses rythmes circadiens peut être la clé de la santé!

Apaiser le système nerveux. Qi Gong, yoga doux, cohérence cardiaque : des pratiques lentes qui calment sans vider l’énergie. Danse intuitive : bouger en musique, même seule dans son salon, libère des émotions bloquées et réactive les hormones du bien-être.

Retrouver des micro-joies. Se créer des petits rituels : un thé chaud, une musique qui touche, une marche en silence, écrire une phrase par matin. Ne pas chercher à « redevenir comme avant », mais juste se reconnecter à des étincelles de vivant.

Recréer du lien humain… doucement. Commencer par un message écrit, simple : « Je traverse une fatigue émotionnelle intense. Ce n’est pas contre toi si je ne réponds pas. J’essaie juste de me réparer doucement. » S’entourer uniquement de personnes bienveillantes, sans pression.

Illustration réaliste et douce d’une femme assise en tailleur, légèrement voûtée, incarnant la dysthymie et la sensation de vivre en mode survie, avec des étincelles dorées et vertes symbolisant l’espoir et la guérison intérieure

La dysthymie n’est pas une fatalité | Je ne vais pas vous dire que ce sera simple. Mais je vais vous dire la vérité : notre cerveau et notre corps peuvent changer. J’ai longtemps cru que je resterais « comme ça » pour toujours. Et pourtant, un jour, quelque chose s’est rallumé. Pas tout d’un coup, pas comme dans les films. Mais une petite étincelle… puis une autre. Alors, si aujourd’hui tu n’as fait qu’une seule chose pour toi – lire ces lignes, respirer profondément, ou simplement te dire « je mérite d’aller mieux » – sache que c’est déjà un pas immense. Parce que c’est comme ça que ça commence : une étincelle à la fois.

A propos de l'auteur

Daniela J.

Je m’appelle Daniela. Nouvelle entrepreneure, je chemine vers plus de santé, de présence et de vitalité. Après une formation en nutrition intégrative, l’envie d’écrire s’est imposée comme une évidence. Ici, je partage ce que j’apprends et ce que je traverse, une chose à la fois !

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