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Errance médicale : quand chercher des réponses devient un parcours épuisant

Errance médicale : quand chercher des réponses devient un parcours épuisant

Il existe dans la vie des périodes où l’on ne reconnaît plus son propre corps. La fatigue devient permanente, le cerveau semble enveloppé dans un brouillard épais, l’énergie disparaît peu à peu. Le moral se fragilise. Pourtant, malgré les consultations, les analyses et les examens médicaux, aucune explication claire n’émerge. Est-ce donc cela que l’errance médicale ? Un mot qui paraît abstrait lorsque l’on ne l’a jamais vécu. Mais lorsqu’on le traverse, il prend un sens très concret : multiplier les rendez-vous, passer des examens, attendre des résultats, espérer enfin comprendre… et repartir sans réponse.

Entre 2022 et 2026, j’ai traversé cette zone de confusion. À cette époque, je sortais d’un burnout profond, accompagné d’une dépression qui brouillait ma capacité à réfléchir et à prendre des décisions sereinement. Ma vie était devenue un enchevêtrement de responsabilités : élever seule mon petit garçon, qui présente des troubles du neurodéveloppement, gérer ses nombreux rendez-vous thérapeutiques, tenter de construire une activité professionnelle indépendante, m’y former, tout en essayant de prendre soin de ma santé.

Aujourd’hui, avec un peu de recul, je mesure à quel point j’étais perdue et épuisée. Je pensais devoir tout porter seule. Je croyais qu’il fallait simplement tenir, continuer, avancer. Mais je comprends maintenant que chercher de l’aide n’est pas une faiblesse. C’est souvent la première étape vers la reconstruction.

Quand l’épuisement rend la recherche de solutions presque impossible

Lorsque l’on est profondément fatiguée, même chercher des solutions devient difficile. Mon fils, encore petit, était déjà bien accompagné : psychomotricité, orthophonie, psychologue au CMP. Mais nos rendez-vous se déroulaient souvent dans des quartiers éloignés. Il fallait organiser les trajets, adapter les horaires, maintenir une stabilité pour mon enfant. Dans ces conditions, travailler dans un bureau devenait presque impossible. C’est ce qui m’a poussée à me tourner vers l’entrepreneuriat et le travail indépendant. En parallèle, je suivais des formations pour apprendre à créer mon activité.

Avec le recul, je vois très clairement ce qui se passait : mon cerveau était saturé. Je vivais dans un état de tension permanente. Entre la fatigue physique, la charge mentale et la dépression, mon système nerveux fonctionnait constamment en mode survie. Le soir, mon fils avait souvent du mal à s’endormir. Son anxiété prenait le relais de la journée. Une fois qu’il dormait enfin, je restais éveillée pour rattraper tout ce que je n’avais pas pu faire dans la journée, y compris mes formations.

Ainsi s’installait un cercle vicieux classique du burnout : moins je dormais, plus j’étais fatiguée. Plus j’étais fatiguée, plus mon corps et mon cerveau dysfonctionnaient. Aujourd’hui, je souris presque en repensant aux compléments alimentaires que j’essayais parfois de prendre pour retrouver de l’énergie ou de la mémoire. Comment espérer réparer un organisme privé de sommeil et sous stress chronique ?

L’hypothyroïdie : une première piste qui s’est révélée fausse

Pendant longtemps, je pensais avoir trouvé l’explication à mes symptômes. Depuis l’âge de 35 ans, on m’avait diagnostiqué une hypothyroïdie. Je prenais donc du Levothyrox 50.

Lorsque mes symptômes se sont aggravés autour de 2021 (brouillard mental constant, sensation de tête qui tourne, fatigue permanente), je me suis naturellement dit que ma thyroïde était probablement en cause. J’ai consulté mon endocrinologue en pensant ajuster le traitement. Mais la consultation ne s’est pas passée comme je l’espérais. Lorsque j’ai évoqué certaines questions, comme l’importance de vérifier mon statut en iode ou d’explorer d’autres pistes, elles ont été rapidement écartées. L’arrêt du traitement n’était même pas envisagé. Je suis sortie de ce rendez-vous avec une impression étrange, comme si mes questions n’avaient pas vraiment de place.

Heureusement, ma médecin généraliste de l’époque a accepté de m’accompagner dans une expérience prudente : arrêter progressivement le Levothyrox et surveiller mes analyses. Pendant un an, nous avons contrôlé mes taux de TSH, T3 et T4 tous les trois mois. Les résultats ont été surprenants : mes taux restaient parfaitement stables sans traitement.

Aujourd’hui, en 2026, je souhaite tout de même revoir un endocrinologue pour faire un bilan complet. Mais je me pose encore la question : mon stress chronique a-t-il pu fausser le tableau ? Était-ce une véritable hypothyroïdie ou un dysfonctionnement passager dans un contexte de burnout ? Je n’ai pas encore la réponse. En revanche, j’ai compris une chose : ce qui devient une évidence pour tout le monde, sauf pour nous, peut devenir très difficile à questionner.

Errance médicale : quand les analyses médicales ne suffisent pas à expliquer les symptômes

Pendant cette période, d’autres symptômes sont apparus. Une douleur persistante dans la poitrine, du côté gauche, m’inquiétait énormément. Chaque matin, encore aujourd’hui, en marchant pour accompagner mon fils à l’école, une oppression apparaît. La douleur est parfois si intense qu’elle me fait pleurer. Puis, après quelques minutes de marche, elle disparaît. Elle revient parfois plus tard dans la journée, après un effort pourtant minime. Comme beaucoup de personnes confrontées à ce type de symptômes, j’ai consulté plusieurs spécialistes : cardiologue, phlébologue, rhumatologue. Les examens ont révélé certaines anomalies, notamment un syndrome thoraco-brachial et une hernie discale cervicale. Mais selon les médecins, ces éléments n’expliquaient pas les douleurs.

C’est une autre facette de l’errance médicale : des symptômes bien réels, mais des réponses incomplètes. Mon médecin généraliste m’a même dit avec bienveillance, en souriant : « vous êtes une énigme médicale ». À force, on finit par se demander si l’on n’exagère pas. Si tout cela n’est pas simplement dans notre tête. Avec le recul, je comprends que mon corps essayait probablement de signaler un déséquilibre global.

Chercher des réponses là où l’espoir nous mène

Lorsque la médecine conventionnelle ne parvient pas à expliquer ce que l’on ressent, il est naturel de chercher ailleurs. C’est ainsi que j’ai consulté un micronutritionniste qui m’a proposé des analyses très poussées dans un laboratoire belge. Elles étaient censées apporter des réponses sur mes hormones et mon métabolisme. J’ai accepté, pleine d’espoir.

Mais très vite, une difficulté est apparue : mon médecin ne savait pas interpréter ces résultats. Ces analyses demandaient une formation spécifique qu’il ne possédait pas, comme il me l’a dit honnêtement.

Je me suis donc rapprochée à nouveau du micronutritionniste. Mais un autre problème est apparu : ce professionnel n’était probablement pas réellement diplômé dans ce domaine. Son activité a d’ailleurs fermé. Je me suis retrouvée seule, avec des résultats complexes que personne ne pouvait expliquer.

Lorsque l’on est épuisé, on peut facilement placer sa confiance au mauvais endroit. Ce n’est pas une question de naïveté. C’est simplement le résultat d’un besoin profond de comprendre et d’aller mieux.

Santé : les erreurs que l’on fait quand on est épuisé

Pendant cette période, j’essayais beaucoup de choses. Je prenais des compléments alimentaires pour améliorer ma mémoire, mon énergie ou ma concentration. Mais j’avais aussi une attente irréaliste : je voulais des résultats rapides. Si je ne ressentais pas d’amélioration en quelques jours, j’arrêtais. Aujourd’hui, je comprends que la santé ne fonctionne pas ainsi.

Les compléments alimentaires peuvent soutenir l’organisme, mais ils ne remplacent jamais les piliers fondamentaux de la santé : le sommeil, le mouvement, l’alimentation, la gestion du stress et les rythmes circadiens. Sans ces bases, aucune stratégie ne peut réellement fonctionner.

2026 : enfin trouver un accompagnement adapté

Au début de l’année 2026, avec un peu plus de repos, mes capacités mentales se sont légèrement améliorées. J’ai alors pris une décision importante : consulter une médecin spécialisée en médecine nutritionnelle et fonctionnelle. La consultation était coûteuse, environ 300 euros pour un peu plus d’une heure, et pendant longtemps cela m’avait freinée. Mais parfois, lorsque l’on ne sait plus comment avancer, on accepte d’investir dans la possibilité de comprendre.

Cette consultation a été un tournant. Pour la première fois, quelqu’un regardait l’ensemble de mon histoire médicale plutôt que des symptômes isolés. Mes analyses ont révélé plusieurs éléments importants : un début de résistance à l’insuline, une stéatose hépatique, des troubles digestifs persistants, un cholestérol perturbé, et surtout un stress chronique prolongé.

Pris séparément, ces éléments semblaient anodins. Mais ensemble, ils formaient un tableau cohérent : un déséquilibre métabolique progressif après burnout. Selon cette approche, plusieurs mécanismes pourraient expliquer ma fatigue : une dysfonction mitochondriale, une inflammation de bas grade, une dysbiose intestinale, un cortisol perturbé par le stress chronique. Pour soutenir l’organisme, la médecin m’a proposé un protocole comprenant notamment de la coenzyme Q10, du butyrate et des vitamines du groupe B. Mais ce qui m’a le plus marquée, c’est qu’elle n’a jamais présenté ces compléments comme une solution miracle. Elle m’a rappelé que les leviers les plus puissants restaient les plus simples.

Après l’errance médicale : reconstruire sa santé, une action à la fois

En parallèle de ce suivi médical, j’ai enfin trouvé une psychologue spécialisée dans le burnout, qui travaille avec les thérapies cognitives et comportementales. Cette rencontre a été essentielle. Avec elle, nous avons commencé par une question simple : qu’est-ce qui vous fait du bien ? Le but était de prendre ce temps pour moi, ce temps que je ne m’autorisais pas à prendre. ****La réponse n’était pas un protocole compliqué. C’était simplement marcher le matin le long du canal, traverser un parc, puis m’asseoir en terrasse avec un café et un livre. Ces moments simples sont devenus les premières pierres de ma reconstruction.

À la maison, d’autres rituels se sont installés. Avec mon fils de 8 ans, nous pratiquons parfois la cohérence cardiaque avant le déjeuner. Nous marchons ensemble sur le tapis de course. Je marche trente minutes avant le repas, puis trente minutes après. Peu à peu, le mouvement revient dans ma vie. Et la marche agit comme un véritable médicament métabolique : elle devrait m’aider à améliorer, petit à petit, la sensibilité à l’insuline, aider le foie à réduire sa graisse et soutenir l’équilibre du cholestérol.

Sortir de l’errance médicale | L’errance médicale est une expérience profondément déstabilisante. Elle confronte à la fatigue, au doute et souvent à la solitude. Mais elle peut aussi devenir une porte vers une compréhension plus profonde de sa santé. Aujourd’hui, toutes les réponses ne sont pas encore là. Certaines douleurs restent inexpliquées. Certaines analyses sont encore en attente. Mais une chose a changé : je ne me sens plus perdue. Je comprends désormais que mon corps n’est pas cassé. Il est déséquilibré. Et un déséquilibre peut se corriger, avec le bon accompagnement, de la patience et des actions simples répétées chaque jour. Le mouvement. L’accompagnement psychologique. Une alimentation adaptée. Trois piliers qui peuvent sembler modestes, mais qui ont un pouvoir immense.

Si j’ai voulu écrire cet article, c’est parce que je sais aujourd’hui que mon histoire n’est pas unique. De nombreuses femmes autour de 40 ou 45 ans traversent des périodes similaires après des années de stress, de surcharge mentale et de fatigue accumulée. Et pourtant, il y a de l’espoir. La santé ne se reconstruit pas en un jour. Elle se reconstruit une chose à la fois.

Livre fast like a girl du Dr. Mindy PELZ
Livre fast like a girl du Dr. Mindy PELZ

⚠️ Avertissement

Les informations partagées sur ce blog sont issues de mon expérience personnelle et de mes apprentissages dans le domaine de la santé intégrative. Elles ont pour objectif de sensibiliser, informer et encourager une meilleure compréhension de soi, mais ne remplacent en aucun cas un avis médical. Chaque situation étant unique, si vous avez des questions concernant votre santé physique ou mentale, il est essentiel de consulter un professionnel de santé qualifié (médecin, psychologue, etc.). Certaines approches globales de la santé, comme la médecine fonctionnelle ou l’accompagnement holistique, peuvent également constituer des pistes complémentaires pour mieux comprendre l’origine de certains déséquilibres. Dans tous les cas, toute démarche de soin doit être envisagée avec l’accompagnement adapté.

A propos de l'auteur

Daniela J.

Je m’appelle Daniela. Nouvelle entrepreneure, je chemine vers plus de santé, de présence et de vitalité. Après une formation en nutrition intégrative, l’envie d’écrire s’est imposée comme une évidence. Ici, je partage ce que j’apprends et ce que je traverse, une chose à la fois !

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