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Fatigue émotionnelle à la quarantaine : quand on tient… sans se sentir vivante

Fatigue émotionnelle à la quarantaine : quand on tient… sans se sentir vivante

Il y a des jours où je me demande : « Mais où suis-je passée ? ». J’ai l’impression que la vie a continué sans moi, que des années se sont écoulées sans que je les vive vraiment. Comme si une autre personne avait pris ma place : une tristesse silencieuse, tenace, devenue presque une colocataire. Pendant longtemps, je me suis dit que ce n’était qu’un « mauvais caractère », une fatigue passagère. Et puis j’ai découvert qu’il existait un mot pour décrire cet état : la dysthymie. Ce n’est pas une grosse dépression qui vous cloue au lit. C’est un brouillard quotidien, insidieux, qui ne vous empêche pas de fonctionner mais, qui vous vole la joie, un peu chaque jour. Peut-être que toi aussi, tu ressens ça ?

Quand la tristesse prend toute la place

Cette tristesse, je la vis comme une colocataire envahissante. Elle s’installe sans prévenir. Elle occupe mes pensées, elle absorbe mon énergie. Parfois, j’ai même l’impression qu’elle est moi, et je ne sais plus ce qu’être « moi » veut dire. Il y a aussi ces moments étranges où, en plein stress ou en panique, mon esprit se vide. Plus de mots. Plus de pensées. Juste le néant. Une sorte de « dissociation », comme si je regardais ma vie de l’extérieur. Est-ce que c’est ça qu’on appelle la dysthymie ? Je ne suis pas médecin, mais quand j’ai lu que ce trouble (une forme de dépression chronique plus légère mais persistante) pouvait durer des années, je me suis reconnue. Et surtout quand j’ai découvert qu’elle pouvait être liée à des troubles métaboliques. 

Et si ce n’était pas « juste dans ma tête » ?

C’est peut-être ce qui m’a le plus bouleversée : comprendre que mon cerveau et mes émotions ne flottent pas dans le vide. Mes troubles digestifs (SIBO ?), ma stéatose hépatique, ma probable insulino-résistance… tout cela influencerait notre humeur.

Ce que la science dit (et qui m’a soulagée) : 1) une inflammation chronique (souvent liée aux intestins ou au foie) peut modifier la production de sérotonine et augmenter l’anxiété. Les personnes atteintes de 2) maladies métaboliques (foie gras, diabète, syndrome métabolique) sont beaucoup plus nombreuses à souffrir de dépression persistante. 3) Un microbiote déséquilibré, un foie engorgé, un cortisol trop haut… et notre cerveau se met en mode survie, avec fatigue émotionnelle et perte d’élan. Alors non, je ne suis pas « juste une pleurnicheuse ». Je suis juste une femme dont le corps envoie des signaux de détresse.

Voici 3 études scientifiques reconnues, avec leurs références, qui illustreront parfaitement ce que notre corps peut expérimenter :

1) Inflammation chronique & Production de sérotonine / Anxiété

Réf. : Felger, J. C., & Lotrich, F. E. (2013). Inflammatory cytokines in depression: neurobiological mechanisms and therapeutic implications. Neuroscience, 246, 199–229. Résumé : comment l’inflammation chronique augmente la production de cytokines inflammatoires, qui modifient le métabolisme du tryptophane, diminuant ainsi la production de sérotonine dans le cerveau. Résultat : augmentation de l’anxiété, baisse de moral, troubles de l’humeur.

2) Maladies métaboliques et risque de dépression persistante

Référence :
Kivimäki, M., et al. (2019). Metabolic syndrome and depression: a systematic review and meta-analysis. Molecular Psychiatry, 24(7), 964–976. Résumé :
Cette méta-analyse portant sur plus de 40 études montre que les personnes atteintes de syndrome métabolique (foie gras, diabète, obésité, etc.) ont un risque significativement plus élevé de souffrir de dépression persistante par rapport à la population générale.

3) Microbiote intestinal & cerveau: lien, humeur et anxiété

Référence :
Sampson, T. R., & Mazmanian, S. K. (2015). Control of brain development, function, and behavior by the microbiome. Cell Host & Microbe, 17(5), 565–576.
Résumé :
Cette revue démontre que le déséquilibre du microbiote intestinal peut entraîner une inflammation et perturber l’axe intestin-cerveau, ce qui contribue à des troubles de l’humeur, de la fatigue chronique et de l’anxiété.

La phobie de tout (ou quand on ne contrôle plus rien)

Cette tristesse chronique ne vient pas seule. Elle amène son lot de conséquences >>> Des montagnes de papiers non traités, des mails que je n’ouvre plus (phobie administrative, blocage exécutif ?), des retards qui me font culpabiliser encore plus. L’impression d’être une fraude : au RSA, dans ma vie de maman solo, dans mes projets professionnels, dans mes relations sociales (du peu qu’il m’en reste). La conviction que je suis nulle parce que je ne « me bouge pas » assez pour maigrir, pas assez pour améliorer ma santé, pas assez pour reprendre le contrôle.

Mais si je parviens à être honnête avec moi-même, ce n’est pas un manque de volonté.
Il semblerait que c’est dû à mon système nerveux qui est saturé. Quand on vit en mode « survie trop longtemps, le cerveau coupe les fonctions hautes : planifier, organiser, même profiter. Tout devient… TROP.

Femme de quarante ans aux cheveux rosés assise dans un fauteuil près d’une fenêtre, illustrant la fatigue émotionnelle à la quarantaine et le sentiment de tenir sans se sentir vivante

Ce qui m’aide (un peu) à combattre cette tristesse

Je n’ai pas de recette miracle. Mais j’ai commencé à me donner de petites chances de revenir à moi : un mini-rituel par jour : écrire (gratitude, morning pages), respirer (cohérence cardiaque), écouter mon corps. Observer mes déclencheurs : quand la tristesse surgit, est-ce après un repas, un stress, une mauvaise nuit ? Apaiser mon système nerveux : marche quotidienne, cohérence cardiaque, musique douce, appli Leaply. Accepter de demander de l’aide : après des années de doute, je consulte enfin une psychologue spécialisée en thérapie cognitive et comportementale (TCC). Mais j’ai aussi vu une coach santé praticienne en médecine fonctionnelle pour revoir ma personne dans son intégralité.

Parmi mes rituels, l’écriture m’aide énormément. Parfois je note juste 3 choses pour lesquelles j’ai de la gratitude, parfois je me laisse aller à écrire sans réfléchir, juste pour vider ma tête.

J’ai découvert, pendant mes cours à The Institute of Integrative Nutrition (IIN), les Morning Pages de Julia Cameron (Libérez votre créativité). Le principe ? Trois pages manuscrites chaque matin, sans se censurer, pour déposer ses pensées brutes. Au début, je croyais que c’était “juste un truc d’artiste”, mais en fait, ça aide vraiment à débroussailler l’esprit et à retrouver un peu de clarté intérieure.

📚 Si ça te tente, voici le livre qui explique tout en détail → [Libérez votre créativité, de Julia Cameron (Amazon)

Qui est Julia Cameron ?

Julia Cameron est une auteure, artiste et enseignante américaine, connue dans le monde entier pour son approche douce et profondément humaine de la créativité. Depuis plus de 30 ans, son livre Libérez votre créativité a aidé des milliers de personnes (artistes ou non) à retrouver confiance en elles et à se reconnecter à leur vraie voix intérieure.

Son idée des Morning Pages n’est pas seulement un exercice d’écriture : c’est une forme de méditation active, un moment pour soi, loin de toute perfection.

🎥 Une vidéo inspirante à découvrir

Si tu veux comprendre pourquoi cette femme est si inspirante, je te conseille vraiment de regarder cette vidéo. Julia Cameron y parle de son parcours, de sa vision de la créativité et de la façon dont nos pages du matin peuvent changer notre regard sur nous-mêmes.

Voilà ce qui m’aide à combattre un peu cette tristesse au quotidien et surtout : ne pas me faire la guerre. Parce que il n’est pas forcément ici question de motivation, j’ai besoin de sécurité et de douceur pour redémarrer.

Si tu vis la même chose…

Je t’écris tout ça pour que tu saches une chose : tu n’es vraiment pas seule.
Si tu te sens vidée, si tu as l’impression que ta vie t’échappe, tu n’es pas cassée. Ton corps et ton cerveau se protègent. Et ils peuvent se rééquilibrer.

On aime croire qu’avec assez de volonté, avec des pensées positives ou de la discipline, on peut tout changer. Mais ce n’est pas toujours vrai. Des traumatismes, une vie compliquée, une mauvaise santé métabolique ou hormonale… peuvent nous faire chuter, même si on fait « tout comme il faut ». Et là, ce n’est pas un échec. C’est juste un signe qu’on a besoin d’aide; et il faut avoir cette vraie force, celle d’aller la chercher.

Et toi, te reconnais-tu dans ces lignes ? As-tu parfois cette impression que la tristesse est devenue une colocataire ? Écris-le-moi en commentaire ou en message privé si tu veux en parler. On n’est pas seules, vraiment. Un pas après l’autre… et beaucoup de courage bienveillant pour toi ! 🌸

A propos de l'auteur

Daniela J.

Je m’appelle Daniela. Nouvelle entrepreneure, je chemine vers plus de santé, de présence et de vitalité. Après une formation en nutrition intégrative, l’envie d’écrire s’est imposée comme une évidence. Ici, je partage ce que j’apprends et ce que je traverse, une chose à la fois !

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