Il m’aura fallu du temps avant d’ouvrir cet espace.
Pas parce que je ne savais pas quoi dire… Tellement de choses à partager en fait !
Mais parce que j’avais peur d’aborder ce sujet personnel.
Ce blog est né d’un besoin simple, si ce n’est fragile : le besoin de mettre des mots sur ce que je traverse (et que traversent certainement tellement de femmes), sans vouloir me plaindre, sans prétendre aller mieux que je ne vais réellement, mais juste parler de la Santé de la Femme.
Je m’appelle Daniela. J’ai 45 ans (mais pas dans la tête 😊). Et aujourd’hui, je me présente comme une femme en reconstruction physique, émotionnelle et hormonale. Se reconstruire après 40 ans n’était pas un projet. C’est devenu une nécessité. Je documente ici mon chemin avec sincérité, après avoir été dans l’errance médicale mais aussi, après une formation en santé intégrative qui m’a beaucoup appris. Et c’est ceci que je m’applique désormais à moi-même et que je souhaite partager dans ce blog: notre santé « holistique » est essentielle et surtout après 40 ans.
Et surtout, je cherche à « remettre de la vie dans la vie ».
Pas pour redevenir celle que j’étais à 30 ans, mais pour découvrir ce que peut être une vie vibrante après 40 ans.
Avant, il y avait une vie que j’aimais
Avant mes 35 ans environ, ma vie me plaisait.
Je le dis sans nostalgie excessive, sans idéalisation.
C’était une vie pleine.
Je voyageais beaucoup.
J’avais des amies, des soirées, des projets.
Un travail dans lequel je me sentais à ma place, stimulée, reconnue.
Je gagnais bien ma vie.
J’avais mon appartement, mon indépendance, cette sensation agréable de maîtriser à peu près le fil de mes journées.
Je ne me posais pas mille questions sur mon corps, sur mon énergie, sur ma santé mentale.
Je fonctionnais.
Je vivais.
Je me sentais solide.
Et puis, sans fracas, quelque chose a commencé à se fissurer.
La tristesse qui s’installe sans prévenir
La tristesse est arrivée doucement… au fur et à mesure pendant cette décennie là.
Pas spectaculaire.
Pas dramatique.
Vous vous demanderez certainement pourquoi ? C’est ce que je vais essayer de décrire dans ce blog. On minimise le poids de nos traumatismes même ceux qui semblent les plus petits: quelques phrases humiliantes répétées à l’école, une famille qui ne savait pas aimer autrement, une sensibilité trop vive pour le monde…
Aussi, une fatigue morale diffuse, une perte d’élan, une sensation de lourdeur intérieure que je n’arrivais pas vraiment à nommer.
J’ai continué à avancer… des années durant.
Comme beaucoup de femmes.
J’ai minimisé. Rationalisé. Mis ça sur le compte du stress, du travail, de la vie.
Puis la dépression est venue.
Silencieuse elle aussi.
Je ne l’ai pas vue arriver celle-là, ou plutôt, je n’ai pas voulu la voir. Je ne sais plus.
J’ai caché.
Aux autres, bien sûr.
Mais surtout à moi-même.
Je voulais avancer quoi qu’il m’en coûte.
Ma mère, dans mes moments durs, m’a toujours dit « tête haute ». Pour moi, c’état un bon conseil: c’est ce que j’ai toujours essayé de faire.
Mais, je ne savais pas encore ce que ça pouvait me coûter.
Devenir mère, et devenir plus seule encore
À 37 ans, j’ai eu mon fils.
Un enfant lumineux, drôle, profondément attachant.
Un véritable soleil dans ma vie.
La maternité (assez solitaire) a été un bouleversement immense, comme pour beaucoup de femmes.
Mais très vite, je suis devenue maman « solo ».
Mon fils avait à peine un an.
Et là, il a fallu jongler.
Avec deux vies.
Deux responsabilités.
Deux rythmes incompatibles.
Le matin, je « l’abandonnais » à la crèche à 8h.
Ensuite, je traversais la ville pour rejoindre le bureau vers 9h, dans un secteur (l’événementiel) où l’intensité est permanente, les exigences élevées, les journées intenses.
À 17h déjà, quand la « 2eme partie de journée » débutait (celles qui savent, savent 😅). Je partais, dans la précipitation, pour aller récupérer mon petit garçon à 18h.
Le soir, j’étais là pour le bain, le dîner, le coucher.
Et une fois qu’il dormait… je travaillais encore. Parce que je ne travaillais plus que du mardi au vendredi, mais que ma charge de travail, elle, malheureusement, n’avait pas été revue. Mais, j’adorais. Je gérais. Il me semblait que j’arriver à gérer et d’être cette maman active que je voulais devenir.
Mon fils a fait ses vraies nuits très tard, vers ses 16 mois !
Mon sommeil était haché, fragile, insuffisant. Mais, je tenais et réussissais à garder la forme pendant la journée de travail. Et surtout, je travaillais avec de équipes formidables. J’adorais mes collègues.
Mais, le week-end, je suis seule. Comme beaucoup de parents solos.
Pas de “village”.
Pas de relais.
Moi, avec mon fils, et une fatigue qui finissait finalement par s’installer, et qui semblait ne plus se réparer (comme avant). Je me souviens de ces moments où je m’assoupissais sur le lit pendant que mon petit garçon jouait à côté de moi.
Je luttais pour rester éveillée.
J’avais peur de m’endormir trop profondément, peur qu’il lui arrive quelque chose.
Je me suis souvent demandé combien de mères (et de pères) vivaient ça.
En silence.
Avec cette vigilance épuisée, ce corps qui lâche mais qui continue quand même.
On dit souvent que les femmes sont fortes.
Je comprends qu’elles sont surtout obligées de s’adapter… Et c’est une normalité !?
Elles avancent.
Même quand ce n’est pas normal.
Quand le corps parle mais que je ne l’écoute pas
Je m’épuisais et là, sans trop réellement m’en apercevoir.
Puis, un deuxième burnout est arrivé.
Celui de trop. Comme quoi le premier, je ne l’avais jamais soigné !
J’ai quitté mon entreprise après huit années.
Mon fils avait deux ans et demi.
C’est là que ses premiers troubles du comportement sont apparus.
Puis les soupçons de TSA. La vie est pleines de surprises.
Epuisée chroniquement, seule, inquiète pour mon enfant, vidée émotionnellement.
Le diagnostic « officiel » est tombé plus tard, à ses 7 ans. Entre-temps, il a été suivi par une psychiatre, une psychologue, une psychomotricienne, une orthophoniste, une ergothérapeute puis les habilités sociales.
Il a été très bien accompagné.
Et il est aujourd’hui un enfant formidable, drôle, intelligent, profondément attachant, et le soleil de sa maman.
La reconversion, le vide, l’errance
Après mon départ, j’ai entamé une reconversion professionnelle en naturopathie.
À ce moment-là, en raison de ses troubles, mon fils n’était scolarisé que jusqu’à 11h30.
Les journées étaient morcelées, instables, imprévisibles.
J’étais officiellement en formation, en “reconstruction”.
Mais intérieurement, je me sentais ballotée.
Comme si je traversais les jours sans vraiment y être.
Je ne sais pas où ces deux années de formation sont passées.
J’existais, oui.
Mais j’étais vide à l’intérieur.
La seule énergie qu’il me restait (et même celle que je n’avais pas), je la donnais à mon fils.
Et rire avec lui était merveilleux.
Vraiment.
Mais pour le reste, je m’éteignais doucement.
Je commençais à prendre du poids.
Beaucoup de poids !
40 kilos en seulement 6 ans, après avoir quitté ma société !
Ma santé physique, émotionnelle, psychique était au plus bas.
Impossible de reprendre les rênes. Je m’en voulais tellement. Ce n’était pas si difficile, me disais-je de reprendre sa santé en mains!
Je n’ai pas réussi ma formation en naturopathie.
Impossible de me concentrer.
Impossible d’apprendre.
Chaque jour était une lutte intérieure faite de dévalorisation et de culpabilité.
Quand plus rien ne fonctionne
J’ai cherché de l’aide.
Des professionnels.
Des thérapies.
Des compléments.
Mais je baissais les bras rapidement.
Rien ne semblait vraiment m’aider. J’étais vidée, sans la force de chercher, me déplacer. Parfois, je pensais au pire.
Les psychologues ne me faisaient pas de bien.
Je n’arrivais pas à m’accrocher à un protocole, à une solution.
C’était l’impression d’un mur.
D’une absence de sortie.
Et pourtant, par amour pour mon fils (et certainement un peu par amour pour celle que j’étais, ou que j’ai été) je continuais à me dire que je devais changer.
Qu’il avait besoin d’une maman bien, présente, vivante.
Mais même cette motivation-là devenait lourde à porter.
Par où commencer, quand tout est à terre ?
Perdre du poids ?
Mais comment, avec des troubles du comportement alimentaire ?
Mieux manger ?
Mais avec quelle énergie ?
Faire du sport ?
Comment? Quand le corps est lourd, douloureux, sans élan ?
Et puis il y avait les diagnostics qui s’accumulaient :
stéatose hépatique, suspicion d’hypothyroïdie, douleurs thoraciques à l’effort, fatigue chronique, inflammation, début de résistance à l’insuline.
« Vous devez absolument perdre du poids madame, me disait-on » ! Ah s’ils savaient…
Mon corps et mon mental se nourrissaient l’un l’autre… dans le mauvais sens.
Une formation réussie, et une respiration
Deux ans plus tard, j’ai tout de même réussi à terminer une autre formation, en nutrition intégrative (je refusais de rester sur un échec). Et puis la santé nutritionnelle et fonctionnelle m’intéressait tellement !!
Avec du temps. Avec des aménagements.
Avec de la compréhension de la part de l’équipe.
J’ai obtenu mon certificat.
Il me permettrait de pratiquer comme coach en santé. Mais, ce n’est pas mon projet aujourd’hui.
Parce que je sais une chose :
des femmes comme moi, il y en a énormément.
Des femmes qui ne vont pas “mal” de façon spectaculaire.
Mais qui ne vont pas bien non plus.
Des femmes fatiguées.
Chargées.
Inflammées.
Qui ont porté trop longtemps sans s’arrêter.
Beaucoup tiennent, avancent, cochent les cases… sans se sentir réellement vivantes.
Pourquoi ce blog existe ?
Ce blog est né pour partager avec ces femmes.
Et aussi pour moi.
Car je refuse que cette deuxième partie de ma vie soit une version atténuée de la première.
Ici, je veux remettre de la vie dans la vie. Du sens. Mais, je ne (me) promets rien.
Ce blog est né de cette conviction : se reconstruire après 40 ans ne se fait pas en révolutionnant tout du jour au lendemain, mais en osant transformer sa vie, une chose à la fois.
Je teste.
J’observe.
Je note.
Je raconte ce que je mets en place pour aller mieux.
Ce qui fonctionne.
Ce qui ne fonctionne pas.
Ce que je comprends en chemin.
Je parle de perte de poids après 45 ans.
De circulation veineuse et lymphatique.
De rétention d’eau.
De jambes lourdes.
De foie fatigué.
De fatigue chronique.
D’inflammation de bas grade.
De charge mentale.
De solitude.
Mais aussi de bonheur, de développement personnel, de parentalité, de bienveillance envers soi, de simplicité.
Pour humaniser la santé. Pour sensibiliser chaque génération à la « beauté » d’être Femme.
Parce que derrière les concepts, il y a des corps réels.
Des femmes réelles.
Des vies réelles.
Se reconstruire après 40 ans, Une chose et à la fois
J’ai choisi ce nom parce qu’il résume à peu près ce qu’on vie toutes aujourd’hui.
Vouloir se poser. Faire moins de choses. Plus en conscience.
Mais en même temps, ça nous est quasi impossible.
La société évolue vite. Et nous devons suivre le rythme imposé.
On ne peut plus tout faire.
On ne veut plus tout faire.
On voudrait avancer doucement.
Avec respect.
Avec lucidité.
Une chose.
Et [un peu tout de même] à la fois.
Si vous lisez ces lignes et que quelque chose résonne en vous, alors ce blog est aussi pour vous.
Pas pour vous dire quoi faire.
Mais pour vous rappeler que vous n’êtes pas seule à traverser ça. Et qu’il y a du merveilleux dans notre quotidien.




