Crise de la quarantaine chez les femmes : et si ce n’était pas une crise mais un passage ?

👉 Comprendre ce qui se joue vraiment entre 35 et 55 ans (corps, identité, fatigue, perte de sens)

Une crise ? Une question qu’on n’ose pas toujours se poser | Je me suis souvent demandé ce que signifiait réellement cette fameuse “crise de la trentaine” ou “crise de la quarantaine”. À 30 ans, je ne me suis jamais sentie en crise. Bien au contraire. Je revenais d’une année en Australie, une année intense, vivante, remplie de découvertes, de rencontres, de nature, de photographie… une année où je me sentais profondément alignée avec moi-même. Puis je suis rentrée à Paris. Le ciel gris, les habitudes inchangées, une vie qui semblait toute tracée… une vie qui ne me ressemblait pas vraiment, mais que j’ai acceptée, parce qu’elle correspondait à ce que la société attendait. Avec le recul, je réalise quelque chose de simple, presque évident : ce que j’ai vécu en Australie, j’aurais pu le construire ailleurs. En France, en Europe, autrement.

Mais la vie a suivi son cours. Et aujourd’hui, à presque 46 ans, la question se pose autrement. Non pas sous forme de crise brutale… mais sous forme d’un ressenti plus diffus, plus profond. Une fatigue. Un vide intérieur. Un décalage. Alors je me suis demandé : est-ce que je suis en train de vivre cette fameuse “crise de la quarantaine” ?

Définition : qu’est-ce que la crise de la quarantaine chez les femmes ?

Une étude récente publiée en 2025 dans le Journal of Mid-Life Health, « Crise de la quarantaine chez les femmes – Spécificités et défis : une revue narrative de la littérature », ****apporte un éclairage particulièrement intéressant sur cette question.

Contrairement à ce que l’on imagine souvent, la crise de la quarantaine chez les femmes ne se résume pas à une période de fragilité ou de déséquilibre passager. Elle correspond en réalité à une phase de transformation globale, qui touche à la fois : le corps, l’identité, le rapport au temps et le sens que l’on donne à sa vie. À cette période, c’est toute la perception de soi qui peut être remise en question, avec un sentiment de perte de repères identitaires.

Les chercheurs expliquent que cette période s’accompagne souvent d’une remise en question profonde, parfois décrite comme une “frustration existentielle”. Des questions émergent, parfois de manière silencieuse :

  • Suis-je là où je voulais être ?
  • Ma vie a-t-elle du sens ?
  • Ai-je fait les bons choix ?
  • Qu’est-ce qu’il me reste à vivre ?

🌿 Encadré — Comprendre la crise de la quarantaine chez les femmes. La crise de la quarantaine est décrite dans la littérature scientifique comme une phase de développement pouvant survenir entre 35 et 55 ans, avec un tournant souvent observé autour de 40 ans.

Elle correspond à un moment où plusieurs prises de conscience émergent en même temps : le passage du temps, un éventuel décalage entre la vie que l’on imaginait et celle que l’on vit réellement, et la nécessité de faire des choix pour la suite de sa vie.

Contrairement à l’image souvent véhiculée**, il ne s’agit pas forcément d’une crise brutale ou visible. Il s’agit plutôt d’un processus intérieur**, marqué par des transformations profondes.

Cette période peut entraîner des changements importants dans la manière dont une personne se perçoit, comprend le monde, et définit ses priorités. Elle peut amener à réévaluer ses choix passés, à questionner ses rôles sociaux (professionnels, familiaux, personnels), et à faire face à des changements biologiques, notamment chez les femmes avec l’approche de la périménopause.

Un élément central décrit par les chercheurs est l’apparition possible d’une frustration existentielle : une remise en question du sens de la vie, accompagnée parfois d’un sentiment de décalage, d’insatisfaction ou d’incertitude face à l’avenir. Ce qui est essentiel à comprendre, c’est que cette “crise” ne se manifeste pas toujours de manière évidente. Elle peut être silencieuse, progressive, difficile à identifier. Elle peut prendre la forme d’une fatigue persistante, d’une perte d’élan, d’un malaise diffus ou d’une difficulté à se projeter… sans que l’on mette immédiatement un mot dessus.

Enfin, la manière dont cette période est vécue dépend fortement de l’évaluation que l’on fait de sa propre vie. Une perception négative (marquée par les regrets ou la déception) peut accentuer le mal-être, tandis qu’une prise de conscience plus constructive peut ouvrir la voie à des ajustements, voire à une transformation positive. Autrement dit, il ne s’agit pas seulement d’une période difficile. C’est aussi un moment charnière, qui peut devenir un point de bascule vers une vie plus alignée… à condition de comprendre ce qui se joue. Cette phase peut également fragiliser la projection dans le futur, rendant plus difficile la capacité à se projeter avec clarté et confiance dans les années à venir.

Pourquoi les femmes vivent cette période plus intensément que les hommes ?

L’étude insiste sur un point fondamental : les femmes ne traversent pas cette phase de la même manière que les hommes. Et cela s’explique par une accumulation de facteurs. Les femmes portent souvent plusieurs rôles simultanément. Elles sont à la fois : Mères, Professionnelles, Gestionnaires du foyer, parfois aidantes pour leurs parents (ou leurs enfants) … Tout en étant soumises à des attentes sociales fortes.

À cela s’ajoutent des transformations corporelles bien réelles, liées notamment à la périménopause et à la ménopause. Le corps change. L’énergie fluctue. Le sommeil peut se dégrader. Les émotions deviennent parfois plus intenses. Et surtout, une conscience nouvelle du temps qui passe s’installe. Le temps devient plus précieux… mais aussi plus fragile. C’est une bascule intérieure.

Enfin, à cela s’ajoute un élément souvent difficile à nommer, pourtant central : le rapport au corps qui change. Vers la quarantaine, les premiers signes du vieillissement deviennent plus visibles. Et avec eux, une prise de conscience plus marquée du temps qui passe. Certaines recherches montrent d’ailleurs qu’une part importante des personnes interrogées associent ce moment de vie à cette prise de conscience du vieillissement, qui peut déclencher un sentiment de bascule intérieure.

Chez les femmes, cette expérience est souvent plus intense. Non seulement parce que les transformations physiques sont bien réelles, mais aussi parce qu’elles sont confrontées à un regard social encore très exigeant sur l’apparence. La perte perçue d’attrait physique, ou simplement le fait de ne plus correspondre aux standards dominants, peut venir fragiliser l’estime de soi et renforcer ce sentiment de décalage.

Le conflit intérieur des femmes : la vie rêvée face à la vie réelle

L’un des apports les plus puissants de cette étude concerne le conflit intérieur que vivent de nombreuses femmes. Ce mal-être ne vient pas seulement de la fatigue ou du stress. Il vient souvent du décalage entre :

  • La vie que l’on imaginait et,
  • La vie que l’on vit aujourd’hui

Ce décalage peut créer un profond sentiment de désalignement, comme si la vie extérieure ne correspondait plus à ce que l’on ressent intérieurement. Lorsque cet écart devient trop important, il peut générer : de la frustration, des regrets, une fatigue émotionnelle profonde, une perte de motivation.

Et ce décalage, aujourd’hui, je le ressens de manière très concrète. Je suis en train de reconstruire ma vie professionnelle, tout en accompagnant mon enfant avec des besoins spécifiques (TSA, TDAH, troubles DYS), et en gérant seule un quotidien exigeant. En parallèle, j’essaie aussi de prendre soin de ma santé, qui s’est fortement fragilisée ces dernières années.

Dans ce contexte, vouloir être une femme active, dynamique, alignée… alors même que le corps et les circonstances ne suivent pas toujours, crée une forme de tension intérieure difficile à apaiser. Une frustration sourde, parfois constante. Oui, des solutions existent. Des ajustements sont possibles. Mais encore faut-il en avoir l’énergie. Encore faut-il que la santé mentale tienne, qu’elle ne soit pas déjà entamée, comme cela a été mon cas. Alors forcément, il y a cet écart. Un écart entre ce que j’aimerais profondément construire… et ce que je suis réellement capable de mettre en place aujourd’hui. Et cet écart, à lui seul, peut devenir une source d’épuisement.

Le poids des rôles : pourquoi ce n’est pas “vous le problème” ?

Pendant longtemps, j’ai pensé que je devais mieux m’organiser. Faire plus. Faire mieux. Tenir. Mais cette étude m’a permis de comprendre quelque chose d’essentiel : le problème n’est pas individuel. Les femmes sont souvent épuisées parce qu’elles occupent trop de rôles en même temps, dans un système qui n’est pas conçu pour les soutenir.

Ce n’est pas une question de volonté. Ni une question de discipline. C’est une question de surcharge structurelle. Quand on doit être tout à la fois (donc mère, professionnelle, aidante, présente, performante, disponible), sans véritable soutien, l’épuisement devient presque inévitable.

La solitude : le facteur invisible dont on parle trop peu

Il y a un point que l’étude évoque, et qui m’a particulièrement marquée : l’importance du soutien social.

À l’inverse, l’isolement aggrave tout. Le stress devient plus lourd. La fatigue plus profonde. Le sentiment de perte de sens plus intense. Et dans nos sociétés occidentales, beaucoup de femmes se retrouvent seules face à cette accumulation. Il n’y a plus ce “village” qui existait autrefois. Plus cette structure collective qui permettait de partager la charge. Et cette solitude, même si elle est rarement nommée, pèse énormément.

Mon vécu aujourd’hui : entre épuisement et prise de conscience

Aujourd’hui, je peux le dire avec plus de lucidité : Je ne suis pas en train de m’effondrer.Je suis en train de traverser une phase.

Mais cette phase est exigeante.

Entre la dépression, les conséquences physiologiques du burnout, les troubles cognitifs, les débuts de la périménopause, et une hygiène de vie que je sais perfectible… j’ai accumulé beaucoup. Et surtout, il y a ce sentiment plus difficile à expliquer : un vide intérieur. Comme si l’énergie que j’avais autrefois s’était atténuée. Comme si quelque chose, à l’intérieur de moi, avait besoin d’être reconstruit. Avant, mes journées étaient pleines. Tout s’enchaînait. Aujourd’hui, j’ai parfois du temps… et pourtant, je n’arrive pas toujours à l’utiliser comme je le voudrais.

Et c’est déstabilisant.

La crise des 40 ans chez la femme : subir… ou se transformer ?

Ce que cette étude met également en lumière, et qui me semble essentiel, c’est que toutes les femmes ne vivent pas cette période de la même manière.

  • Certaines parviennent, malgré les difficultés, à traverser cette phase comme une période de transition constructive. Elles s’autorisent à ralentir, à réévaluer leurs priorités, à explorer de nouvelles voies, à redéfinir leurs objectifs. Elles ne considèrent pas que “leur temps est passé”, mais qu’il reste encore quelque chose à construire. Et cette manière d’aborder les choses change profondément l’expérience vécue.
  • À l’inverse, d’autres femmes traversent cette période comme une véritable crise. Elles peuvent ressentir un sentiment de perte, avoir l’impression d’avoir manqué des opportunités, d’avoir fait de mauvais choix, ou de ne plus savoir dans quelle direction avancer. Ce vécu peut s’accompagner d’une fatigue émotionnelle importante, d’une perte de motivation, et parfois d’un sentiment de vide difficile à expliquer.

Et c’est là que l’étude apporte un éclairage particulièrement important. Lorsque la détresse devient trop intense, certaines femmes peuvent mettre en place des mécanismes d’adaptation moins aidants. Parmi eux, la consommation d’alcool est parfois utilisée comme un moyen de soulager temporairement les tensions, les émotions ou le mal-être. Mais ces stratégies, si elles peuvent apporter un apaisement sur le moment, tendent en réalité à aggraver l’état psychologique sur le long terme. Ce point est essentiel, car il montre que ce que nous mettons en place pour “tenir” peut parfois nous fragiliser davantage.

Enfin, les chercheurs insistent sur un élément fondamental : il n’existe pas une seule manière de vivre cette période. Il y a une grande diversité d’expériences, de ressentis et de trajectoires. Et cette diversité est précieuse, car elle permet de mieux comprendre les besoins réels des femmes, et d’imaginer des formes d’accompagnement plus adaptées, plus humaines, plus réalistes.

Une étape normale du développement… mais souvent mal comprise

Ce que cette étude permet aussi de comprendre, c’est que la crise de la quarantaine ne doit pas être perçue uniquement comme un moment de fragilité ou de déséquilibre. Elle correspond en réalité à une étape du développement psychologique, au même titre que d’autres grandes transitions de la vie (comme l’adolescence). Autrement dit, il ne s’agit pas d’un “dysfonctionnement”, mais d’un processus naturel, qui pousse à réévaluer sa trajectoire.

À cette période, quelque chose peut se rompre intérieurement. Une direction qui semblait évidente jusque-là peut perdre son sens. Des choix qui paraissaient cohérents deviennent questionnables. Et cette rupture peut générer un sentiment de désorientation, parfois accompagné d’une vision plus pessimiste de l’avenir. Mais cette expérience dépend en grande partie d’un élément fondamental : la manière dont chacun évalue sa propre vie.

Certaines personnes vont porter un regard marqué par les regrets, les opportunités manquées ou les déceptions, ce qui peut intensifier le sentiment de crise. D’autres, au contraire, vont considérer cette période comme une opportunité de réajustement, une invitation à redéfinir leurs priorités et à construire une suite plus alignée. Ce point est essentiel, car il montre que ce moment de vie n’est pas figé. Il ne dépend pas uniquement de ce que l’on a vécu… mais aussi du regard que l’on choisit de poser sur son parcours.

🌿 Pour conclure | Se donner enfin la bienveillance que l’on mérite. Peut-être que le plus difficile, dans cette période de la vie, n’est pas ce que l’on vit, mais le regard que l’on porte sur soi. Se juger. Se comparer. Se sentir en décalage. Alors qu’en réalité, il s’agit d’un moment de transformation profonde. Un moment où l’on peut redéfinir ses priorités, ajuster son rythme, se reconnecter à soi. Mais pour cela, une chose devient essentielle : apprendre à être bienveillante avec soi-même. Accepter de ralentir. Accepter de faire autrement. Accepter que tout ne soit pas parfait. Et peut-être aussi… ne plus rester seule.

Parce qu’on ne nous apprend pas à traverser ces périodes. Et parfois, malgré toute notre volonté, on ne peut pas tout porter seule. Se faire accompagner peut alors devenir un véritable tournant. Pendant longtemps, j’ai cherché. J’ai essayé. Et souvent, ça ne fonctionnait pas. Il n’y avait pas ce lien, pas cette compréhension, pas cet espace où je pouvais vraiment avancer. Et puis, j’ai trouvé. Une psychologue avec qui ça a tout de suite résonné. Quelqu’un qui ne se contente pas d’écouter, mais qui m’aide à comprendre, à mettre en mouvement, à transformer. Par moments, j’ai presque l’impression d’être accompagnée par une coach de vie. Et cela m’a fait réaliser quelque chose d’essentiel : peu importe le titre. Psy, coach, thérapeute… Ce qui compte, c’est la relation. C’est de trouver la personne qui nous correspond vraiment. Celle avec qui on se sent comprise, soutenue, et capable d’avancer.

Et parfois, le plus grand acte de bienveillance envers soi-même… c’est justement d’accepter d’être aidée.

Source

Mrugalska A, Klimkiewicz A. Midlife Crisis in Women – Specificity and Challenges: A Narrative Literature Review. J Midlife Health. 2025 Oct-Dec;16(4):349-355. doi: 10.4103/jmh.jmh_115_25. Epub 2025 Dec 8. PMID: 41415152; PMCID: PMC12711171.

    Livre fast like a girl du Dr. Mindy PELZ
    Livre fast like a girl du Dr. Mindy PELZ

    ⚠️ Avertissement

    Les informations partagées sur ce blog sont issues de mon expérience personnelle et de mes apprentissages dans le domaine de la santé intégrative. Elles ont pour objectif de sensibiliser, informer et encourager une meilleure compréhension de soi, mais ne remplacent en aucun cas un avis médical. Chaque situation étant unique, si vous avez des questions concernant votre santé physique ou mentale, il est essentiel de consulter un professionnel de santé qualifié (médecin, psychologue, etc.). Certaines approches globales de la santé, comme la médecine fonctionnelle ou l’accompagnement holistique, peuvent également constituer des pistes complémentaires pour mieux comprendre l’origine de certains déséquilibres. Dans tous les cas, toute démarche de soin doit être envisagée avec l’accompagnement adapté.